Sur la rivière qui fuit… Dictée par Filigrane

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Dictée du 5 juillet 2014

Sur la rivière qui fuit… Dictée par Filigrane


A l’auberge du Vieux Pont à Saint-Généroux (Deux-Sèvres)… quelques amoureux des mots se sont retrouvés pour une dictée (ci-dessous)… à l’invitation de l’Association départementale Filigrane "Lire et écrire en Deux-Sèvres.
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Texte de la Dictée
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Sur la rivière qui fuit… - (Titre donné à la dictée par « Filigrane »)

Kermesse de village et petit bal de province… Des images dans la tête, des manèges à la fête, faut-il encore y penser ? On connaît le refrain et tourne la petite valse. Comme on aimerait inviter un kentia de la Nouvelle-Galles du Sud pour chasser le spleen, et voir danser sur la piste le rêve qui fait tapisserie depuis si longtemps…

Acropolis adieu ! Au banquet d’Athénée, l’hellène grammairien, les fleurs blanches se sont fanées et déçues, les amours d’un été. Le nouvel Alcibiade, en flûtiste redevenu, met l’ancolie et nos rhéteurs, du haut de leur chaire, de prendre dorénavant ce gant de Notre-Dame avant de l’ouvrir.

Isis, majestueuse joueuse de sistre, chamarrée de la fleur d’iris, sur le port d’Alexandrie, compose une autre mélodie où l’ondine sur son Nil avec un appétit de barracuda, dévoile sans dévoiler ses mystères et ses arcanes subtils.

Retour à la source, là où sa présence s’est laissée oublier, déclare ex cathedra l’herméneute ! Et si l’on en croit la légende, une rose des bois s’y trouva. Quelque labyrinthiques que fussent les laies malaisées qui menaient au trésor d’icelle, aujourd’hui, plus d’un chevalier hermésien qui voit qu’elle croît, rêve de l’exhalaison de ses fragrances singulières.

Ouvrons derechef la cage aux oiseaux en compagnie du penseur dithyrambique des sept sceaux et, dans le temps qui revient, l’orchidée épanouie de poursuivre son labeur noir et clandestin… à des parasanges des vieux parcs solitaires et glacés qui croient tenir les rênes de l’enfant qui joue au trictrac, comme disait un éphésien.

Sur les routes de la voix, un émérite professeur au jardin en lettres d’écriture, près du Très-Haut et de l’oint d’Icelui, invite son lecteur au jardinet d’enfant où la main cueille le safran au lieu de chatter sur le clavier des fantasmes. Un goût de l’avenir sur le mot le plus français de tous les mots et glissent, telle une gondole chargée de fleurs qui ne se conduit pas comme le chris-craft de Fantômas, deux sigles hardis qui disent en un même mot une seconde d’éternité.
Histoire de faire danser la scottish à la dictée autour du sans-faute tant espéré où si belle y ramasse les lauriers, gageons que sa muse accordera son archiluth pour en composer le postlude.

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Résultats et Questions complémentaires
Dictée :
  • 1- Michèle Préau Villiers-en-Plaine, 6 fautes et une demi-faute
    et pour les suivants … Marlène B Maître de conférences, Poitiers… Marie-France J, Infirmière, Boismé… Emmanuel D, Bressuire… Marie-Thérèse G, Borcq -sur-Airvault… Gérard J, Boismé… Christiane L, Saint- Herblain… Yvette P, Airvault… Simone C, Bressuire… Ana-Maria P, Paris… Bernard S… et bien d’autres parmi la trentaine de participants.

Toutes ces personnes ont reçu des lots en coupes officielles et livres

Questions :

  • 1-Marlène Belly, universitaire maître de conférences, Poitiers
  • 2-Gérard Jadeau, Boismé
 
La dictée en deux questions :
  • 1- Un mot dans le texte de la dictée peut se lire deux fois en verticale ; il veut dire une autre dimension du temps créant de la profondeur dans l’instant. Une porte sur une autre perception de l’univers, de l’événement, de soi. Une notion immatérielle du temps non mesurée par la montre , mais par le ressenti.
    Quel est ce mot ?
    Écrivez dans l’ordre donné , la première lettre de chacune des fleurs ci-dessous et vous formerez cette seconde d’éternité.

 

  • 2- Le titre de la dictée constitue les premiers mots d’une chanson des années cinquante.
    Dans une chanson des années soixante-dix, on trouve ces mots : « Un jour de fête à l’aurore du temps ».

    Ces deux chansons portent le même titre.
    Quel est ce titre ?

 
Question subsidiaire pour départager les ex æquo

Quel adjectif dans la dictée qualifie cette acquisition qui dit quelque chose qui n’a pas de sens, mais qui a tous les sens, selon Michel Serres ?

Cliquez ici pour indiquer vos réponses aux questions de la Dictée du 5 Juillet

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NB : Merci aux journaux locaux d’avoir fait état de ce moment de partage et de convivialité dans leur édition du 6 Juillet :

  • Des mots, des mets et une dictée savoureuse (pour le Courrier de l’Ouest)… où l’on y apprend que pour l’auteur de la dictée, Michel Ligner : « Cela parle de fleurs, de chansons… Je me sers de la nature pour parler de l’antinature qui n’a de sens que par la culture… Le but de la démarche est bien d’essayer la reliance entre gens de milieux différents autour de la langue. »
  • Les mets et les mots relient les uns et les autres (pour la Nouvelle République) : C’est la rencontre qui prime…. Pour Michel Ligner : « Ce n’est pas seulement une dictée, c’est surtout faire rassembler des gens très différents qui peuvent se comprendre, se retrouver autour de quelque chose qui fédère… L’important n’est pas de savoir, mais de désirer savoir… ». Et Bernard Sourisseau de rappeler « J’adore l’écriture, découvrir des mots, faire des rencontres… et parfois, faire des fautes, ça peut être joli ! ». Pour Ana-Maria Paçanha « Tout le monde s’intéresse aux mots. Il n’y a pas qu’à la guerre qu’on peut dire son amour à son pays. Aussi par l’amour de sa langue ».

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Commentaires

12/07/14 17:03 par Mabel Franzone [1]
Le Feu des Mots

Un mot de Madame Mabel Franzone lu par Mme Christiane Landas, au repas-dictée du 5 juillet à Saint-Généroux (79) :
"Les Guarani ont un Seigneur du Feu et de la Parole, KARAI. Héros civilisateur et maître du crépitement des flammes il avait eu aussi le privilège de transmettre aux hommes le langage crée par Ñande Ru, le Tout Puissant, le Premier. Ainsi les élus de Karai auront le caractère sacré des maîtres des flammes et sont ceux qui recevront les paroles-âmes. Lumière et parole vont ensemble et désignent une action psychique qui élève la nature humaine. Ceci rappelle la science hébraïque de la Guematria qui vient nous rappeler, à son tour, que les nombres et les lettres enferment-ils des ramifications spirituelles et numérologiques sans fin, donc, une connaissance infinie.
Que vos mots d’aujourd’hui percent vos âmes, laissez-le faire et ils vous transporteront à des sublimes hauteurs."

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16/07/14 07:08 par Michel Ligner
Le Feu des Mots… pour donner suite au beau message de Madame Franzone

Voici une citation, (lue par le président de Filigrane, lors, de ce repas-dictée), de « L’hermaphrodite », page 63, de Michel Serres (En tête de volume, la nouvelle d’H.de Balzac « Sarrasine ») :
"Avez-vous rencontré sur la route de Paris un parti de paysans montant sur la capitale pour élucider les usages de leurs administrateurs ? Ou sur les vols vers les États-Unis une école de Zoulous, de Guaranis, allant tenir séminaire sur quelques notables savants d’Amérique ? Jadis les dominants colonisaient les dominés, ils les observent maintenant.
Je voudrais qu’on inscrivît dans les constitutions le droit des hommes et des peuples à refuser d’être étudiés."

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12/07/14 17:03 Par Michel Ligner
A propos du mot sistre

Une perspicace participante, lors de la correction de la dictée a fait une remarque très courtoise sur l’orthographie du mot sistre.
Observation pertinente qu’il serait judicieux d’argumenter. Cette personne qui fait partie du club « Envie-de-lire » est invitée à bien vouloir s’exprimer sur ce point intéressant.
Merci d’avance. Au plaisir de lire vos commentaires.

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22/07/14 16:03 par Lisbelle
Faire résonner/raisonner Sur la rivière qui fuit… de quelques variations

L’une des difficultés de : Sur la rivière qui fuit… : Sistre / cistre : instruments de musique

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Sistres

« Isis, majestueuse joueuse de sistre, […], sur le port d’Alexandrie, compose une autre mélodie où l’ondine sur son Nil… »
La mention d’Isis et celle du Nil renvoient directement au sistre, idiophone sacré de l’Égypte ancienne. Réservé à l’usage des prêtresses, son pouvoir servait à tenir éloigné Seth, le « Dieu rouge », maître du tonnerre, du désordre, de l’aridité… et à conjurer les crues du fleuve.
En tant qu’idiophone, il s’agit d’un instrument dont le son émane de la mise en vibration du propre corps de l’instrument. Le sistre est composé d’un cadre métallique ou d’une branche rattachés à un manche. Des anneaux enfilés sur le cadre s’entrechoquent au secouement du support. il offre ainsi un tintement qui, au delà de possibilités mélodiques, peut néanmoins s’organiser sur un plan rythmique. Soutien à la danse, il est aussi très largement attesté pour ses aptitudes à faciliter les transports extatiques -comme le hochet-, dans les cultes religieux. On le retrouve, encore aujourd’hui, associé aux liturgies abyssine et copte mais surtout dans les rituels animistes et chamaniques d’Afrique noire et d’Asie. En Occident, il a rejoint le pupitre des percussions des orchestres symphoniques et des répertoires contemporains. Son inaptitude à l’énoncé mélodique est lié à une considération moindre qui, de facto, l’a conduit facilement à un rattachement à la panoplie des instruments dévolus aux enfants.

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Cesar Boetius van Everdingen, Joueuse de Cistre, avant 1678 (date de décès du peintre)

Tout autre est son homonyme, le cistre, cordophone apte à la réalisation d’une ligne mélodique. La confusion entre les deux familles d’instruments était, dans la dictée, entretenue par le syntagme « compose une autre mélodie ».
Sur un plan organologique, le cistre appartient à la famille des luths : il est doté d’une caisse de résonance se prolongeant d’un manche. Frettées, les cordes sont pincées. Essentiellement représenté de la Renaissance au milieu du XVIIe siècle, le cistre connut un regain d’intérêt à la fin du XVIIIe siècle avant d’être supplanté par la guitare.
Il subsiste, aujourd’hui, dans certaines musiques populaires et/ou traditionnelles : la cetera corse, la chitarra portuguese ou la bandurria espagnole en sont, parmi d’autres, des témoignages.

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23/07/14 00:04 par Michel ligner
Note finale - Sistre / Cistre
Je me permets d’apporter une petite note finale par une citation de Clément Marot, dans sa préface au « Roman de la rose » (1527) : « Selon qu’il est écrit au livre de »L’âne d’or« , quand il eut trouvé le chapelet de fleurs de rosier pendant au sistre de Cérès, déesse des blés »

Et pour couronner telle moisson, voici une belle gerbe liée par un ouvrier de la première heure, nommé Alain Rey : « Décrire les mots, c’est éclairer le passé, viser l’avenir, et donner du sens à notre présent »

Bonne nuit sans quitter le sistre… comme dans Séraphita.

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23/07/14 18:06 par Michel Ligner
Remarque est pertinente à propos du cistre.

Mélodie secrète sans doute dans quelque sous-sol où l’ondine du physicien a certainement des choses à « taire »… de nature peut-être à charmer l’oreille. Qualité archaïque et si novatrice qui porte un si joli nom.

Il fallait, bien qu’elle émerge !

Bien à vous

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Que dites vous de cette dictée 5 Juillet par Filigrane et des questions ?

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le 10 juillet 2014 par Envie De Lire
modifie le 2 août 2014

Notes

[1] Mabel Franzone est une universitaire argentine qui a vécu en France où elle a fait ses humanités. Elle fut successivement Rédactrice au journal « Il Mundo Santa Cruz de la Sierra - Bolivie, Enseignante de langue espagnole et Professeur de langue et Civilisations Hispano-américaines à l’Institut National agronomique. Elle est membre du Bureau scientifique de la revue de sociologie Magma, comme la sociologue brésilienne, Ana Peçanha, ici présente. Elle a permis à l’association »Filigrane", de publier un article dans cette revue, via Internet. Autant dire qu’en telle compagnie, on n’est pas sorti de l’auberge, fût-elle espagnole et pour nous aider à y voir un peu plus clair, Mabel Franzone, de sa terre de feu argentine nous envoie un petit message du bout du monde, destiné aux participants de ce repas-dictée dans une petite auberge des Deux-Sèvres, un coin de mappemonde qui a des affinités électives avec son pays. (par Michel Ligner)