Repères sur la langue française et ses négligences dans l’usage

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Repères sur la langue française et ses négligences dans l’usage

Définition de la langue
Définition du mot langue : « Ensemble de sons articulés, organisés en un système grammatical, servant à communiquer les pensées et les sentiments »… ou encore « Système particulier de signes linguistiques en usage dans une certaine communauté » (par ex la langue française) - Larousse.
  • L’adjectif «  organisés  » implique une connaissance du sens des mots, de leur nature (nom, adjectif etc…), de leur genre (masculin, féminin), de leur rôle (syntaxe propre à la langue française : par exemple en latin, le verbe est rejeté en fin de phrase à la différence du français).
  • « Communiquer » implique une relation (entre personnes… voir instruments techniques : téléphone, radio.)
    Il s’agit ici de langage, phénomène social ou l’énonciateur, le locuteur s’adresse à une allocutaire selon un code donné par la langue.
    Communique, c’est divulguer, transmettre, révéler, diffuser, publier, échanger…
 
Types et Registres de langue
1- Parmi les types de langues on parle des langues vivantes (langues d’usage parlé actuel), des langues mortes (non parlées mais qui subsistent sous la forme d’écrits). Coexistent langue parlée et langue écrite. On distingue la langue courante qui répond aux besoins ordinaires de la communication de la langue savante, ou spécifique ou littéraire.
  • Les expressions autour du mot langue sont nombreuses : langue riche, pauvre ; langue du 18e siècle ; langue de Proust ; langue du barreau ; langue diplomatique ; langue des signes, langue des couleurs, des sons ; langue dorée, langue verte…
  • Au figuré : mauvaise langue, langue de vipère, ne pas tenir sa langue ; la langue qui a fourché, un coup de langue…

 
2- Les registres de langue : caractère particulier ; tonalité propre d’un discours…

  • Registre courant ; amusant ; vulgaire ; humoristique … [1]
  • Inclure aussi ici les différents parlers : langues régionales, dialectes, jargon ; argot … et les types de langage : langage obscur, incorrect ; langage de la raison, de la misère ; langage des fleurs, des yeux ; langage des signes, des mains ; langage codé…

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Repères historiques et vie de la langue
Le latin reste longtemps la langue officielle de la France ; le français n’est admis (et seulement pour les actes publics) qu’en 1539 par l’ordonnance de Villers-Cotterêts signée par François Ier. Au moyen-âge, la langue d’oil (parlée au nord de la Loire) s’étend progressivement dans tout le royaume, effaçant la langue d’oc du sud de la France. Dès 1794, le français s’impose par décrets dans l’enseignement, le commerce, la justice. Dans la constitution française de 1958, il devient « langue de la République ».
Il fut la langue des Cours dans toute l’Europe. « Ce qui n’est pas clair, n’est pas français » affirmait Rivarol, écrivain français du 18e siècle, célèbre pour son « Discours sur l’universalité de la langue française ». En 1782, à l’Académie de Berlin, en Allemagne, pays le plus francisé ; la langue française est déclarée «  langue universelle de l’Europe  » ; faveur d’autant plus appréciée des Français qui, à la Renaissance, jalousaient l’italien, langue de culture. De nos jours, le français est l’une des langues officielles de l’Union européenne.
La langue vie. Au cours des siècles, la langue française a connu des ruptures et des engouements. Ainsi au 17e siècle, certains mots accusés d’être « du vieux gaulois » (le terme serait de Louis XIV) sont proscrits. La langue populaire des cahiers de doléances côtoie le langage technique du 18e siècle. Au 19e siècle, à cause du renversement des barrières sociales, l’usage bourgeois domine. On parle de « style noble ».
Dès 1970, elle s’enrichit par des emprunts aux langues étrangères (l’anglais, grâce à l’anglomanie ; l’italien, l’arabe etc). Le dictionnaire reflète cet apport par des notations de dates. Ainsi : interview 1883 , mot anglais ; macaroni 1552, italien… Les guerres, les voyages, les rapports commerciaux, l’immigration contribuent à l’extention du vocabulaire (la syntaxe restant le code auquel on se réfère).
En 1850, la langue française semble stabilisée. Bien que le fossé subsiste entre langue écrite et expression orale, on a le sentiment grammatical ce « ce qui se dit » et « ce qui ne se dit pas ». Les Académiciens ajoutent chaque année des mots au langage français - mots qui rentrent dans les dictionnaires.

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Bel hommage à la langue française
« Charles Schweitzer ne s’était jamais pris pour un écrivain mais la langue française l’émerveillait encore, à soixante-dix-ans, parce qu’il l’avait apprise difficilement et qu’elle ne lui appartenait pas tout à fait : il jouait avec elle, se plaisait aux mots, aimait à les prononcer et son impitoyable diction ne faisait pas grâce d’une syllabe ; quant il avait le temps, sa plume les assortissait en bouquets »
Les Mots - Jean-Paul Sartre - Gallimard 1964.
 
En 2014 la langue est malmenée
Je sais que la langue est avant tout un instrument de communication : elle fonctionne en tant que telle. Je ne suis pas puriste mais les égarements auxquels participent ceux-là même qui ont besoin de la ménager (journalistes, politiques etc…) - cf ci-dessous - m’effraient par le nombre des récurrences. Je me permets de relever quelques négligences de syntaxe et de vocabulaire ; et la liste n’est pas exhaustive.

 
Aux lecteurs d’apporter d’autres exemples.

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Quelques exemples de négligences
Les négligences de syntaxe - Le choix de la préposition

à

  • à s’impose  :
    • Aller à vélo : et non en vélo car à la différence d’aller en voiture, on n’entre pas dedans.
    • Parler à : et non parler avec… On dira causer avec… (chacun parle à son tour).
  • à est incorrect
    • On ne pallie pas à … pallier c’est recouvrir d’un manteau… On pallie une défaillance.
    • On n’agit pas de façon à ce que… de manière à ce que… On agit de façon que… de manière que…
  • à doit remplace sur
    • Je suis à Limoges et non : je suis sur Limoges.

 
de

  • On se rappelle quelque chose… On se souvient de quelques chose
  • L’emploi de « de » change le sens
    • Il boit trop => Excès.
    • Il boit de trop => Simple dépassement, pas forcément excès.

 
en ou dans

  • Je passe mes vacances en Corse (c’est une île).
  • Je passe mes vacances dans la Creuse.

Les négligences de vocabulaire

Le genre des mots

  • Un déterminant figé
    Une espèce de … et non un espèce de charlatant , une espèce de cliente.
  • De l’origine, de la formation, de l’étymologie dépend le genre
    Une interview (mot anglais tiré de entrevue)
    Une autoroute : auto (mobile) / route (une route pour mobiles)
    Un apogée : racine grecque le masculin…

Le genre des mots est surtout une convention. Il varie selon les pays.
Exemple : Die sonne (la soleil) - Der mond (le lune) - Un chat ou Une chatte (a cat).

Le sens des mots (quelques exemples parmi les plus récurrents

  • achalandé : famille de mots chaland issu de chaloir - (s’intéresser à).
    Un magasin bien achalandé a beaucoup de clients (les chalands) et pas forcément beaucoup de marchandises.
  • pécuniaire du latin pécunia (argent) ; et non pécunier.
    Un embarras pécuniaire, une difficulté pécuniaire.
  • cacophonie, assemblage confus de sons ; et non cacaphonie.
  • infarctus (voir farcir - remplir de farce - le coeur est un muscle et non un os) ; et non infractus (voir fracture).
  • rasséréner (serein) et non rassénérer

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Pensez à nous faire partager vos exemples de négligences dans l’usage de la langue.



le 10 février 2014 par Envie De Lire
modifie le 11 février 2014