Réflexions sur « mon envie de lire » , pourquoi ?

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Réflexions sur « mon envie de lire » , pourquoi ?


Pour faire face au vent du boulet, les livres sont les meilleurs amis du monde et m’apportent la plus grande consolation. Sans eux, je perds ma raison de vivre, pas mon âme. Ils sont plus qu’un violon d’Ingres.
Le livre m’apporte un moment d’évasion, de détente. Il m’offre un havre de paix, un oasis de bonheur, une sorte d’Olympe. J’ai un besoin irrépressible, une soif inextinguible de lectures, pour échapper aux vicissitudes de la vie. Dans les moments d’abattement, de doute, l’écriture comme la lecture, est un exutoire, une forme de catharsis.

Je suis amoureuse des MOTS et non des MAUX et de la langue de Molière qui est ma langue maternelle, accessoirement de la langue de Shakespeare qui me sert dans le monde des affaires.

Je me suis abîmée les yeux sur les livres que je dévore avec passion à toute heure du jour et de la nuit et dans ce silence presque monacal, j’aime faire un peu de rhétorique, chercher des oxymores.
Cette nourriture livresque apaise ma faim, c’est aussi une nourriture spirituelle pour plus d’élévation d’esprit à la recherche d’autres idéaux que je n’ai pas encore atteints. Le livre me fait découvrir un pays de cocagne. Il est pour moi le médecin de l’âme et m’apporte une forme de sagesse.

Le travail et les obligations diverses prennent trop de place dans nos vies pour m’adonner à ce sport littéraire, à mes lectures favorites. J’aime la littérature classique, au sens large, afin de découvrir les mœurs, les us et coutumes des gens au temps des Romains, au Moyen-Age, sous l’Ancien Régime…
Quelle belle balade à travers les siècles écoulés et un merveilleux passe-temps, l’hiver au coin de l’âtre, dans mon humble chaumière, j’exulte en compagnie d’un livre qui me transporte d’allégresse vers des terres inconnues, je suis en transe, j’atteins l’autre rive, le nirvana. Les livres me réchauffent le cœur et mon être tout entier comme un rayon de soleil à nul autre pareil. Si j’utilise une métaphore c’est comme la sève qui nourrit la plante.

Sur notre chemin de vie parsemé d’embûches, le livre est la béquille indispensable pour tenir debout ou requinquer mon âme chamboulée quand mon cœur est en miettes. Je continuerai à butiner mes livres brochés, dans une ambiance kitsch.
Ils me suivent comme mon ombre, partout, et dans mon bagage il y a toujours un livre, que ce soit en vacances, en voyage, ou dans les airs…

Cet engouement pour les livres vient de mon enfance, même si à la maison les livres étaient rares. Et d’une voix de stentor, je peux affirmer haut et fort qu’ils me font éprouver une douce plénitude, un bonheur jamais inégalé.

Dans un moment de partage, de convivialité , nous pourrions effeuiller le bouquet de souvenirs joyeux glanés au gré de nos lectures. Avec le livre, on réinvente le soleil, tous les matins.

Non les littéraires, les gens de lettres ne sont pas des narcissiques, des pédants, des bas-bleus mais des êtres très sensibles et de lumière. Molière, auteur « des précieuses ridicules », « des femmes savantes »… dans cette bouffonnerie, décoche des œillades.

Et pour les anglicistes ; ce que je pense du livre en général :
it follows me everywhere
it goes everywhere with me
it’s like my shadow
Do you use it everyday ? I use it often.

Alors si je n’ai pas donné le goût de la lecture, à ceux qui se sont éloignés des livres, et de la littérature en général, je n’y comprends plus rien !
Mais il faudra que j’emporte quelques livres au paradis et ce sera ma nourriture céleste.

 
Texte proposé par Thérèse


Commentaires

Sun, 30 Mar 2014 14:57:54 de Michel L
Réponse à Thérèse ou plutôt essai de réponse ou en guise de réponse…

On a envie d’applaudir des deux mains après avoir lu de tels propos dithyrambiques à l’endroit de la lecture…
Et bien entendu, Madame la marquise, on applaudit !
Cependant, comme disait A.Frossard, où vont les eaux bleues de la littérature et vers quelle rive bien terrestre mènent-elles, celui et celle qui ont envie de lire ?
Moi, le paradis avec des livres, comme disait autrement Gaston Bachelard, je veux bien, mais encore faudrait-il essayer de l’édifier ici-bas si tant est qu’une tour remplie de livres puisse contribuer à la libération de l’être et rendre les gens un peu plus heureux dans leur quotidien.
Je pense que la lecture apporte vraiment quelque chose de nouveau que dans la mesure où l’on se cache pour lire…afin de mieux agir dans ces zones de la pensée vers lesquelles, il est sans doute très raisonnable de regarder.
Rien ne va plus et ça brûle au château et bien paumée, la gent marécageuse qui croit à l’homme providentiel, et coasse à qui mieux mieux sans faire le moindre effort pour développer son esprit critique et arrêter de s’imaginer que tout leur tombera du ciel, sans se donner un peu… s’investir.
Or s’investir, ce n’est pas parader avec des citations et des grands mots mais s’aventurer là où à coups de livres, on peut s’élever au dessus de la mare et sur l’étang mystérieux s’exercer à quelque ballet qui donne à nos ébats une allure de « délivrance ». Et ce n’est pas par hasard, si l’on trouve en tel parage des gens qui ont en eux cette lumière naturelle que ne possèdent les pharisiens qui se croient supérieurs aux autres, en raison de leur culture acquise sur des bancs d’école, et reconnue comme étant la seule valable par la majorité d’un peuple soumis à la facilité et au droit plus qu’au devoir. Bien sûr, il ne s’agit ni peu ni prou d’opposer les gens entre eux, les diplômés et les non diplômés, comme d’autres se plaisent à opposer les personnes selon leur fortune, cela n’a pas de sens et dénote la plupart du temps un esprit d’envie, de jalousie et de revanche… Bien au contraire, c’est ensemble, chacun dans sa différence culturelle et biologique de faire de telle sorte pour faire avancer la reliance dans l’émancipation par les livres.
Cet été, je vais essayer d’apporter ma toute petite pierre en ce sens avec celles et ceux qui ont envie de lire et d’écrire… On verra bien !
Kitsch ! nous dit Thérèse. Mot odieux, sans doute comme pouvant être une objection que son tempérament de poète saura ruiner à l’avance par le moyen de l’apologue de l’albatros.
Même les purs rationalistes planent. Eux aussi vivent d’horizons. Et l’expérience d’Alain Aspect, messieurs dames, est aussi une quête…
Pour conclure, si l’on peut dire le verbe, je pense à L.Wittgenstein :
« Une question dénote une méthode de la quête (…) On ne peut chercher que dans un espace. Car c’est seulement dans l’espace que l’on a une relation au »Là" où l’on n’est pas. Il faut, de l’endroit où l’on est, trouver ce là-bas où réside la décision."
Et si par hasard, la nature nous écoutait on pourrait en paraphrasant Thérèse d’Avila, l’auteur du « Château de l’âme », penser qu’il serait bon de nous taire… non ?
A lire vos réponses très judicieuses… en musique !

Michel L…

31 Mar 2014 07:06:40 de JC
Réponse à Thérèse et Michel L… ou plutôt essai de réponse ou en guise de réponse…

L’envie de lire, dans notre monde numérique, doit probablement s’élargir à bien d’autres supports et contenus que le livre :

  • Paysages urbains ou ruraux, interstitiels ou non,
  • Formules mathématiques,
  • Phrases et partitions musicales,
  • Formes architecturales,
  • Peintures et autres représentations,
  • Visages, regards et attitudes des Autres ou de l’Autrement…

 
Certes l’Envie reste du domaine de chacun, fruit d’un contexte, d’un déclic… mais aussi de Moments de Vécus partagés autour de l’acte « Lecture ».

L’internet bouscule aussi la pratique, les modalités, les cheminements de lecture en invitant à lire davantage par fragments et non en continu ; contribuant ainsi à fabriquer de nouvelles inégalités dans les capacités de chacune et de chacun, de nouveaux repères dans ce qui peut faire l’Attention, l’Intérêt ou non.

Reste la question de la Langue, de ce qu’elle nous donne, de ce que l’on y apprend ou y puise. Et à nouveau via l’internet et ses nouvelles interfaces interactives, la question de l’Ecriture…

Se cacher pour lire, s’investir pour faire partager l’envie de lire… de l’endroit où l’on est… mais aussi en en faisant le tour pour conforter les diversités des regards et des pratiques ; en rejoignant peut-être pour certains cette économie naissante informelle, alternative à l’exclusion économique et sociale ?.

Ven 25/04/14 22:42 par Lisbelle
Lire c’est aussi, plus particulièrement pour ce qui relève de la poésie, du domaine du conte…

  • se donner le droit de rêver et pouvoir, le temps de la lecture, quitter des chemins de vie tracer pour/par d’autres,
  • se construire une bulle à soi dans laquelle on peut empêcher qui que ce soit de pénétrer,
  • faire chanter et danser les mots et les laisser nous emporter dans un tourbillon. C’est poser sur les mots la mélodie de son choix,
  • sentir ses pieds se défaire des amarres qui les tiennent au sol et croire, l’espace d’un instant, que l’on puisse voler.

 
C’est aussi, plus particulièrement pour les ouvrages de connaissance (je suis parfaitement consciente des limites indéniables de ce cloisonnement binaire) :

  • tenter de comprendre ce qui nous dépasse et espérer y puiser quelques solutions,
  • s’imprégner de réflexions auxquelles des auteurs ont consacré leur vie et, à partir de cette synthèse, plutôt que de refaire le même chemin, tenter, chacun à son niveau et avec ses possibilités, de pousser un peu plus loin.

 
De manière plus générale :

  • être libre du choix du livre : auteur, genre…
  • être libre de la façon dont on l’aborde (lecture suivie, au hasard des pages, en diagonale),
  • pouvoir y revenir à l’envi,
  • libre aussi d’en partager le contenu ou de ne pas en parler.

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le 27 mars 2014 par Envie De Lire
modifie le 26 avril 2014