Parabole du failli de Lyonel Trouillot - 2013

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Parabole du failli de Lyonel Trouillot - 2013

Auteur
Lyonel Trouillot, romancier et poète haïtien, vit à Port au Prince.

Il a publié 18 livres presque tous chez Actes Sud sauf 4 de 1979 à 1994 en Haïti.

Il a obtenu le prix du Salon du livre de Genève et les Grand prix du roman métis en 2011 avec « La belle amour humaine » : livre d’une intense émotion autour de la question existentielle « Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ? »

 
Ouvrage
« Parabole du failli » - Actes Sud 2013.

L’ouvrage s’ouvre sur des citations autour des mots amour, désir, paix. C’est une oeuvre de fiction dont le narrateur est un des amis d’un jeune comédien haïtien qui, près de connaître le succès en déclamant dans les rues de Port-au-Prince les vers de Baudelaire, Eluard, Pessoa, se jette du douzième étage d’un immeuble, alors qu’il termine une tournée à l’étranger.

Le ton est donné par les citations de la première page et notamment celle d’Aimé Césaire : « Je ne ferai pas avec le monde ma paix sur votre dos. »

Bouleversant récit, hommage à l’humanité, cri de celui qui souffre et qui lance au disparu une virulente adresse comme pour combler le vide laissé par l’ami. Portrait émouvant d’un homme que le mélange du social et de l’intime a transformé en plaie ouverte au point de le contraindre à devenir tous les autres sur scène comme dans la vie. Il n’avait pas trouvé sa place dans le monde d’intense désamour qui peut être le nôtre. Dans l’abîme que crée sa disparition s’inscrit l’échec du suicidé mais aussi de celui qui reste, avec sa douleur et ses discours impuissants.

Suggéré par MA.AP

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Extraits de l'ouvrage "Parabole du failli"

"Tu déambulais dans les rues du quartier et t’adressais aux mendiants agenouillés sur les marches de l’église de Saint-Antoine.
Aux automobilistes, y compris aux bonnes bourgeoises, ces femmes climatisées qui passaient au volant de leurs véhicules, les vitres montées, l’accélérateur à ras le plancher, la tête droite sans un regard sur notre quartier sans lauriers et sans flamboyants qui ne ressemble pas aux leurs…
Aux enfants. C’est fou comme tu aimais les enfants.
Aux vieilles qui s’essoufflaient en grimpant la colline dans leurs chaussures d’un autre temps et auxquelles tu offrais quelquefois ton bras, parce que la pente est raide et ce n’est pas plus mal si les forts aident les faibles."

« Trois colonnes. C’est peu de mots ou pas assez. Rédiger la notice d’un inconnu, ça vient vite. C’est une personne sans importance, et les clichés, ça coule de source. »Nous aonnonçons avec infiniment de peine le décès du regretté… - non du très regretté…« Et vive la redondance, le blabla qui plaît aux familles. Mais quand celui qui meurt, on avait pris l’habitude de le regarder comme partie de soi, on a envie de gueuler, d’accuser le monde ou simplement de ne rien dire, de laisser le langage à son insuffisance et de plonger dans le mutisme ou d’engueuler l’idiot qui a choisi de partir… »

« Je n’écrirai pas de grand oeuvre. Toutes les oeuvres sont incomplètes , car on oublie toujours quelqu’un. Dans la vie comme dans les romans, qui s’inquiète des tragédies qui heurtent les petits destins des personnages secondaires. »

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le 2 février 2014 par Envie De Lire