Lire, Ecrire… Qu’est-ce que l’inspiration ?

Informations pour votre compte
Authentification
Visiteurs : 2590 (9 par jour)
En Débat

Lire, Ecrire… Qu’est-ce que l’inspiration ?

Ecrire, Lire, un couple immuable.
« J’écris pour pouvoir lire ce que je ne savais pas que j’allais écrire » - 1915-1997 , auteur d’une autobiographie ”Moi, je".
L’écriture et la lecture s’avouent l’une et l’autre « jeu ». A l’imprévisibilité de l’écrit s’ajoute l’imprévisibilité du lecteur : contemporain de l’oeuvre lue, il ne se définit pas par un champ de références socioculturelles exactement identiques ; postérieur à l’oeuvre, il ne peut appartenir à sa visée.
L’écriture et la lecture s’avouent l’une et l’autre « jeu » parce qu’elles doivent compter avec ce malentendu.

« Ce que je ne savais pas que j’allais écrire » dit Claude Roy. Ces mots me font penser à une remarque de Pierre Michon : “Le Roi vient quant il veut“. Y aurait-il inspiration, soumission à quelque chose d’immatériel, d’intérieur, plus fort que la volonté d’écrivain.
A la Renaissance, les Muses dansaient avec Apollon et dans les Regrets (1558), Du Bellay se plaint de les avoir perdues :
"Cette divine ardeur, je ne l’a plus aussi
Et les Muses de moi, comme étranges, s’enfuient"
 [1]

Appolinaire, au début du 20e siècle, travaillait encore sous cette inspiration, notamment dans le premier jet de ses poèmes. Peu à peu, l’inspiration ne fut plus cette « fureur divine » ; elle trouva ses sources ailleurs.

Poètes, romanciers, commentateurs, chroniqueurs, fabulistes, s’inspirèrent aussi bien des faits divers que des faits d’Histoire, des données sociologiques et (ou) psychologiques, des dessins, des peintures. Une multiplicité d’écrits différents cohabitent : journaux, récits historiques, commentaires, romans de type variés etc.

A suivre : Faits divers - Commentaires Peinture - Théâtre - Cinéma.


L’exploitation du fait-divers

Le fait-divers engendre des textes : articles de presse, chroniques judiciaires, biographies, nouvelles, roman-policier, roman-feuilleton, roman-fiction…
Ancré dans la réalité quotidienne, détaché de l’atualité, le fait-divers n’est pas la simple reproduction du réel. Symptôme, indice, il invite à recréer le monde réel dans sa profondeur et sa complexité.
L’article de presse restitue les faits dans leur déroulement, avec le plus d’objectivité et de réalité possible.
Le roman-feuilleton suit le même chemin en s’attachant cependant au « héros » du fait-divers, donnant ainsi, s’il y a lieu, la priorité au criminel.
Le roman-policier mène l’enquête : c’est plutôt un texte indiciel qui demande à être déchiffré.
La nouvelle, le texte théâtrale, le roman-fiction « brodent » sur les éléments-clés et le fait-divers perd de sa véracité.

Haut de Page

Le commentaire de peintures - Quelques exemples

Botticelli-Le Printemps-Trois Grâces Botticelli - Le Printemps (1477) - Les trois grâces

Cf Sénèque - 4e siècle avant JC
… interprétant une peinture de Pytjagore de Paros : les trois grâces « Aglaé, Euphrosyne et Thalie [2], telles qu’on les dépeignait, se tenant par la main l’une, l’autre, rieuses, tout juste couvertes d’une robe bien propre. Ce par quoi on entendait signifier la libéralité, car de ces trois soeurs, l’une donne, l’autre reçoit et la troisième rend le bienfait. »
Chardin-Carafe-Gobelet Chardin - Carafe à demi-pleine de vin - Gobelet d’argent (1728)

Les frères Goncourt - 1863 : « Le brillant, l’éclair du gobelet n’est fait que par quelques touches de blanc égratignées de pâte sèche ; dans les ombres, il y a de tous les tons, de toutes les colorations, des filées d’un bleu presque violet, des coulées de rouge, qui sont le reflet des cerises contre le gobelet, du brun rouge effacé et comme estompé dans des ombres d’étain, des piqûres de rouge, de jaune, jouant dans des touches de bleu de Prusse, un rappel continu de toutes les couleurs ambiantes glissent sur le métal poli du gobelet. »
Le Caravage-Incrédulité de Saint-Thomas Le Caravage - L’incrédulité de Saint-Thomas (Potsdam 1602-1603)

Mathieu Riboulet - 2012 Les oeuvres de miséricorde Verdier P52 : « Thomas a des traits d’un vieillard dubitatif que le Christ oblige, en guidant sa main, à vérifier la présence de la plaie laissée par la lance de ses bourreaux en l’incitant à y introduire le doigt. Le tableau, en plan rapproché, densément occupé de mains et de regards, de fronts soucieux, impose tranquillement une cohérence de construction et de circulations, un monde en soi… La plaie est largement ouverte où l’index de Thomas disparaît, il n’en dégoutte pas le moindre sang (je rappelle que nous sommes après la Résurrection) ; elle a donc à la fois la portée symbolique voulue par l’évangile de Jean et l’aspect réaliste voulu par le peintre avec ses allures d’entaille au flanc d’un macchabée. »

Haut de Page

Le prolongement du livre par le théâtre

La lecture spectacle

C’est un genre intermédiaire entre la lecture d’un texte par un ou deux comédients et la mise en scène d’un texte.
Certaines salles reçoivent des comédiens qui lisent des textes (poèmes surtout) sur un thème. A Paris, le Lucernaire pratique souvent cette forme de spectacle. De grands acteurs s’y manifestent : Fabrice Luchini (lit Louis-Ferdinand Céline), Denis Podalydès, Marie-Christine Barraud etc…
Les bibliothèques organisent des rencontres où un comédien lit des poèmes ou extraits littéraires sur un thème. Des invitations sont disponibles dans les bibliothèques municipales et les rencontres toujours appréciées.
A la radio, sont lus des textes sur un thème : le vin, l’amour, les femmes etc. France Inter offre ce spectacle les samedi et dimanche à 12 heures.

La représentation d’une oeuvre

Il n’est que de feuilleter l’officiel des spectacles pour choisir sa sortie. Les rubriques se succèdent : je note Théâtre : nouveaux spectacles, liste des spectacles, pièce de théâtre. Je relève quelques indications concernant la représentation d’une oeuvre littéraire. Dans l’Officiel du 5 au 11 février, je note une cinquantaine de titres d’oeuvres littéraires connues. Parfois c’est une écrivain qui attire le spectateur : Céline ; Jean de la Fontaine ; Moi Beaudelaire ; Moi Colette.

Haut de Page

Le livre et le cinéma

Un problème d’adaptation

* Zazie dans le métro (Raymond Queneau 1959 et Louis Malle 1960). Des difficultés pour passer du comique verbal au comique visuel.
* Padre Padrone (1977) et les trois frères Taviani, adaptation difficile du livre de Gavino Ledda. Le langage est le mode d’être d’un homme (un acteur) avec les autres, contre les autres, pour les autres, contre certains autres. Justement , à cause de la forme du langage de l’écrivaint naît un choc entre les deux protagonistes.

Des réussites

* Le silence de la mer (Vercors 1942 et Jean-Pierre Melville 1949). Le film a été réalisé dans la maison même où Vercors avait situé la nouvelle. La ferveur de la fidélité est marquée par une tension soutenu, insistante trè proche du livre.
* La bête humaine (Emile Zola 1890 et Jean Renoir 1938). Une modernisation du livre de Zola. Les héros sont des Atrides modernes et Renoir garde surtout une histoire d’amour dans le cadre du chemin de fer.
* Tous les matins du monde (Pascal Guignard et Alain Corneau - 1991). Après avoir lu « la lezon de musique » Corneau demande un scenario à Guignard. L’atmosphère de la deuxième moitié du Grand Siècle est sensible dans les habitudes quotidiennes, dans les costumes. Une musique baroque soutient les actes et rappelle la tonalité du livre.
* Chabrol et Mme Bovary ; La Princesse de Clèves et Jean Delannoy 1961
* L’écrivain le plus adapté serait Victor Hugo (50 films tirés de son oeuvre) notamment autour de Jean Valjean

Haut de Page

Suggéré par MA.AP


Commentaires d’internautes



le 18 février 2014 par Envie De Lire
modifie le 25 février 2014