L’état du ciel de Pierre Péju - 2013

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L’état du ciel de Pierre Péju - 2013

Auteur
Pierre Péju.
Etudes de philosophie ; participe activement à mai 68 ; professeur de philosophie à Grenoble puis directeur du programme au Collège international de philosophie. Auteur de romans, d’essais, de contes, de nouvelles.

Prix du livre Inter en 2003 avec "La petite Chartreuse ; Prix du roman FNAC en 2005 avec Le Rire et l’Ogre ; Prix des Ecrivains du Sud en 2012 avec Enfance obscure [1].
 
Ouvrage
« L’état du ciel » - Collection Blanche, Gallimard - 2013

Etrange et remarquable roman, écrit avec délicatesse et amour. Etranges destins sur fond d’humanité soumise à la violence. Le lecteur en sort bouleversé.
Histoire d’un obstétricien - chirurgien Mathias, de son élan subit pour Nora une artiste - peintre, illuminée, grecque qu’il épouse. Union riche bien que saccadée, détruite par la mort horrible du fils de Nora. Sur terre comme au ciel, tout va mal. Un ange - démon, Raphaël, descend sur terre et veille sur le couple : il ne peut empêcher un nouveau drame : la découverte d’un enfant du fils de Nora et de sa compagne, une paumée. Mathias et Nora recueillent l’enfant, un autre Nikos auquel Nora voue le même amour qui l’unissait à son fils. Elle fuit avec lui ; le docteur la retrouve et tous partent en mer : leur destin est d’y mourir.

Etrange aussi la facture du livre : des pages en italique coupent le récit de la vie des mortels et informent le lecteur de l’intérêt de Raphaël (l’ange) pour les humains, de ses désirs, de ses échecs

Suggéré par MA.AP

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Extraits de l'ouvrage "L'état du ciel"

« Au beau milieu du Pont-des-Ars, elle (Nora) venait de comprendre que ette grossesse, u’elle autait pu enore interrompre, n’était pas une malédiction mais un signe heureux. Cette maternité imprévue et sa vocation picturale non seulement ne se contrediraient pas mais s’accordaient, se complétaient. Du nouveau ! Du vivant, de la chair fraîche ! Les jeux étaient faits, la décision prise : elle garderait l’enfant ! »

« Il est temps de revenir à cette nui cruelle qui devint pour Nora, une nuit éternelle. Nuit au cours de laquelle sans y être préparée, elle s’était trouvée nez à nez avec la mort. Pas la sienne mais celle de l’être qui, au monde, valait plus que sa vie, son fils, son Nikos, l’enfant du voyage, l’enfant du hasard, éternel compagnon. »

"C’était exactement auprès de cet arbre mort que Nora s’était retrouvée, six ans plus tard, le soir du drame. Elle était partie en poussant un cri épouvantable ? Mathias venait de la ramener de l’hôpital où elle avait vu e qu’elle avait exigé de voir.
Elle avait vu. Et il avait fallu l’arracher à ce spectacle. Sur la route de la maison, blottie à l’arrière de la voiture, elle n’avait pas dit un mot, pas pleuré, rien. Mathias ne l’entendait pas même respirer. Mais à peine desendue, ou plutôt tomber de la voiture, elle avait poussé ce cri, et s’était enfuie à toute jambes sans cesser de hurler…
A force de courir, elle s’était heurtée au sapin mort dont les tentacules terreux remuaient dans l’ombre. Elle était tombée, essoufflée, malade à vomir, près de cet arbre horizontal. Puis elle avait cessé de crier…"

« Le petit garçon aux cheveux noirs et frisés, qui se tenait devant la table basse aux grandes feuilles de papier, ne ressemblait pas vaguement à leur Nikos, il ETAIT Nikos au même âge ! Son sosie ! Son double ! »

« Tout est tellement précaire, tellement fragile. Sur la terre comme au ciel, rien ne tient vraiment le coup. Le sable des circonstances nous file entre les doigts. Sur la terre comme au ciel, celui qui croit avoir réussi quelque chose… celui-la ne voit pas derrière lui la vague démesurée qui approche et va anéantir ses efforts… »

"Je (Raphaël) me glisse à bord du ferry, juste derrière eux, sans bruit, sans billet, sans être vu, comme un ange à l’ancienne dans ce pays dont les divinités sont restées plus jeunes et fraîches que partout ailleurs…
Et c’est sur cette mer que nous naviguons tous, même si Nora a de l’avance sur ses deux poursuivants. Déambulant sur le pont moi aussi, je me perds dans une longue rêverie. Peu d’endroits où le ciel et la terre soient aussi près l’un de l’autre. Grand va-et-vient divin."

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le 27 février 2014 par Envie De Lire
modifie le 2 mars 2014