Envie de Lire dans une époque numérique acentrée

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Envie de Lire dans une époque numérique acentrée

Quelle drôle d’idée, ce passage à l’acte, cette invitation à… l’Envie de Lire !

  • Dans une société qui se parle peu, sauf par 140 caractères interposés ou par l’usage de 400 mots quand des enseignants en utilisent 2.000 : pourquoi LIRE et… se PARLER… !
  • Dans un monde numérique où les services proposés par les opérateurs visent principalement les contenus [« PUSH »] en suggérant des usages nouveaux, sous prétexte de technologies avec toujours plus de débits.
  • Que dire des nouvelles technologies et interfaces support du livre et de la lecture qui vont donner le possibilité à tout un chacun de fabriquer localement les contenus à mettre dans une boîte numérique ou physique ?

 
Esquisses en débat, certains points ci-dessous sont déjà bien connus, d’autres probablement traces de futurs…. A explorer comme pistes en songeant aux définitions suivantes :

  • Envie : « Besoin, désir plus ou moins violent… Avoir envie de… Désir de ce qu’un autre possède… » et synonymie.
  • Lire : « Établir la relation entre les séquences de signes graphiques (alphabétiques, idéographiques) d’un texte et les signes linguistiques propres à une langue naturelle (phonèmes, mots, marques grammaticales)… Accéder à une information non linguistique par le biais de signes graphiques (lettres, chiffres, symboles)… Prendre connaissance du contenu d’un texte écrit… Dire à haute voix le contenu d’un texte qu’on lit… Attribuer une signification par-delà le sens littéral… » et synonymie.
  • Lecture : « Action de lire, de déchiffrer visuellement des signes graphiques qui traduisent le langage oral… Action de prendre connaissance du contenu d’un texte écrit pour se distraire, s’informer… Manière de comprendre, d’interpréter un texte, un événement… » et synonymie.

C’est quoi une époque numérique acentrée

"Le modèle de développement d’Internet est d’être totalement acentré. Il n’y a pas de centre, pas de partie plus importante ou par principe plus grosse que les autres, afin de rendre l’ensemble indestructible. Les échanges y sont normalisés de manière à préserver une grande hétérogénéité ; Internet a été conçu pour que deux ordinateurs de marque et de constructeur différents puissent discuter entre eux, pour peu qu’ils respectent un tout petit bout de norme.
Une société se définit par les interactions entre les gens : le média structure la société… L’imprimerie, c’est un éditeur qui juge que l’écrit est suffisamment important pour être publié et qui le diffuse vers des lecteurs n’ayant pas eu leur mot à dire dans cette décision. C’est un monde vertical. Alors qu’avec Internet, tout le monde publie, et lit qui veut bien lire."
Relire Benjamin Bayart : protéger la biodiversité du Net.

  • Fini le « toutes choses égales par ailleurs ». Nous changeons d’époque.

Lien hyertexte… lecture non continue, non contiguë

Avec les liens hypertexte, insérés ici et là, le lecteur numérique peut sauter « hors » du livre… et agrémenter sa lecture, l’histoire racontée d’autant d’explorations ponctuelles… en revenant ou non à l’histoire initiale.

  • La lecture n’est plus linéaire et continue. L’exploration du livre devient une série de fragments au gré du clic du lecteur. L’histoire racontée devient morceaux et pas seulement chapitres… Sans pour autant être en morceaux.

Bookmarks, Signets, Flux Rss, Notifications des réseaux sociaux… livres du quotidien

A chacun(e) les siens… et souvent on y tient… comme la trace de sa navigation, les repères au quotidien ou par thèmes et bien sûr en fonction de leur usage, le classement en sera plus ou moins structuré. Les dossiers deviennent alors les chapitres d’une lecture régulière de contenus proposés sur internet. Et chaque jour, l’internaute peut enrichir les chapitres, en créer de nouveau, en détruire certains… recomposer le tout à volonté.

  • Le livre devient interactif, mouvant, éphémère, sans mémoire… toujours en découverte… sans sujets précis si ce n’est ceux du vagabondage intellectuel ou utilitaire de l’internaute.

Interactivité au coeur du livre avec objets communicants dans les pages…

Demain, ce sont les livres « physiques » qui deviendront interactif avec des marqueurs, puces, objets communiquants, un ou plusieurs par pages… Ils témoigneront de nos impressions, de l’heure de lecture de telle page, phrase, citations… , du temps qu’il fait à telle page, de l’insertion dans la page d’une réalité soudaine à 3 dimensions voir en réalité augmentée… Le livre n’est plus un objet « inerte » qui se tient coi sur l’étagère ou au bord de la table de chevet… Il vagabonde seul et mémorise, mémorise encore… tout ce qui le touche, se situe à proximité et en restitue les données à celui « qui le possède »… Bientôt il dialoguera avec votre bibliothèque pour « lui dire » les ouvrages manquants auxquels vous avez été attentifs au détour d’une page. La lecture d’un même ouvrage à plusieurs et à distance deviendra courante. Le livre intelligent pourra aussi, selon ses fonctions, contribuer à la surveillance et l’assistance médicale aux personnes dans le besoin. Et demain, c’est le papier lui-même qui deviendra interactif.

  • Le livre objet devient intelligence au service d’une quête d’envies multiples ; mises à disposition sur un plateau ou un coin de table, que l’on en soit propriétaire ou locataire. Et pourquoi pas réaliser, en impression et volume, le livre servi avec une imprimante 3D :) [1]. Comme d’autres objets intelligents, il pose la question cruciale de la divulgation de données personnelles de façon consentie ou au contraire subrepticement captées à des fins marketing ou autres.

Lecture et Interfaces numériques

La lecture n’est plus rythmée par le seul claquement sur l’onglet de la page ou par le léger froissement de la page en train de… tourner. La lecture peut se faire en silence, hormis le tapotage discret des doigts sur la vitre de la tablette esquissant la gestuelle du « tourner la page »… l’usage d’un stylet déclencheur ou le pincement / écartement des deux, trois ou quatre doigts !
La lecture devient aussi, peut-être d’abord, navigation, dans un espace aujourd’hui plat et demain aux formes variées et insolites. L’interface est aussi langage des doigts, des mots sonores et des gestes… Le lecteur, comme d’autres à distance vont même pouvoir « jouer avec l’intelligence embarquée » pour mieux l’adapter à leurs habitudes et confort d’usages.

  • L’interface est comme la « marque » d’une collection, aussi vite changée qu’adaptée. Elle peut devenir valeur de référence pour vendre… plus que le contenu du livre ! Elle peut aussi rendre adict.

Nouvelles expériences utilisateurs du livre interactif

Au-delà de l’arrivée du livre interactif via les tablettes généralistes, dédiées ou encore dans les espaces publics… vivre avec un livre numérique c’est probablement lire autrement, seul ou en groupe, en fonction de sollicitations ou des possibilités offertes par l’interactivité. Les produits actuels favorisent l’apprentissage de la lecture en joignant sons, images animées, vidéo, zoom intelligent et décomposition du texte lu en syllabe, mention des lettres muettes, mise en page à la volée, possibilité d’annoter le contenu, inclure d’autres documents, effectuer des recherches. Les plus avertis y verront l’intérêt d’une structure basée sur des formats ouverts préexistants : XML, HTML, CSS, SVG, … et un format lisible sur nombre de supports.

  • Peut-être deux points à méditer : l’un concerne le lecteur qui construit ainsi son identité et sa liberté numérique ; et l’autre qui interpelle les producteurs de contenus en leur suggérant des émotions, de l’insolite, de la créativité dans les contenus, les algorithmes de navigation, plus que la vente des supports.
    Reste un dernier point : à l’heure de la réalité augmentée ou de la maquette numérique (simple nuage de points !)… autant d’expériences de représentations insolites… ; comment le livre pourrait-il rester en trois dimensions pour l’objet livre et en deux dimensions pour les pages… Est-ce la simple réinvention du livre en volume découpé pour enfants ; où l’ouverture de la page fait jaillir l’émerveillement ? Pour le moins l’expérience de feuilleter un livre physique et un livre numérique est radicalement différente… même s’il s’agit toujours de tactile. Déjà les écrans en 3D (sans lunettes spéciales) se profilent pour envahir nos quotidiens,

L’éphémère au coeur du livre du 21e siècle ?

Le Livre est aujourd’hui mémoire… trace d’époques. Sera-t-il support pérenne demain ? Comment l’archiver au-delà de la numérisation de notre époque ?

  • A-t-il finalement vocation à n’être qu’éphémère, dans le verbiage actuel, même si la question peut sembler iconoclaste ?

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le 3 janvier 2014 par Jacques Chatignoux Opérateur
modifie le 14 avril 2014