Entre Brièveté et formes fragmentées, explosées… Retrouver l’envie de lire ?

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Entre Brièveté et formes fragmentées, explosées… Retrouver l’envie de lire ?


Dans le N° 543 du Magazine Littéraire de Mai 2014, l’édito de Laurent Nunez est fort révélateur des nouveaux contextes de lectures…

A méditer : « Nous connaissons tous ces faux prophètes, intellectuels désabusés, qui expliquent très sérieusement qu’on n’a plus le temps de lire, et qu’il faut désormais offrir des œuvres raccourcies, des livres brefs - quelques chose de plaisant pour sept ou huit stations de métro. Ne fuyons plus ces folles personnes, parce qu’elles sont comme des pendules arrêtées, qui donnent tout de même l’heure exacte deux fois par jour. Peut-être notre époque a-t-elle en effet besoin, pour mieux réfléchir, de formes brèves - mais plus exactement fragmentées, explosées. C’est dans le seul blanc de la page que le lecteur contemporain peut se retrouver, pour savourer et digérer la phrase qu’il vient de lire. »

Et de citer deux ouvrages… anciens… qui viennent de paraître :

  • « Les Épigrammes de Martial, recyclées par Christian Prigent [1]… c’est à dire interprétées, actualisées… Pari réussi : le lecteur pioche, picore, rit, rougit, s’interrompt - et puis reprend »
  • « Le livre des Tables [2] qui décrit les séances spirites de Victor Hugo à Jersey, vers 1853. Dialogues inédits… impossibles… Huit cents pages de fragments… alors on s’impatiente, on fronce les sourcils. Le blanc de la page nous rend à nous-mêmes… »

C’est une bonne surprise de voir un magazine littéraire situer l’avenir dans une bonne perspective.

Dans cet esprit :

  • Il faut relire la conférence de Roger Chartier, dans sa leçon inaugurale au Collège de France « L’écrit et l’écran, une révolution en marche » [3]
  • À relire aussi Petite Poucette de Michel Serres… qui picore à l’envi l’information sur internet : « Petite Poucette va devoir réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d’être et de connaître… Débute une nouvelle ère qui verra le triomphe de la multitude, anonyme, sur les élites dirigeantes, bien identifiées ; du savoir discuté sur les doctrines enseignées ; d’une société immatérielle librement connectée sur la société du spectacle à sens unique… » [4]

 
À juste titre Laurent Nunez [5] renvoie le lecteur au blanc de la page … espace vide pour le repos des yeux, le repos de la pensée… A l’image peut-être du silence dans un discours… qui est respiration, maturation… Le tout contribuant sans doute à cette grande difficulté de notre époque : retrouver une capacité d’attention sur l’essentiel comme sur ce qui peut faire sens pour chacune et chacun.

Voir en ligne : Édito Magazine Littéraire N°543
modifie le 5 mai 2014